Comment je travaille avec les artisans des Marquises ?

Pendentif ivi po'o en corne de cerf
Pendentif ivi po’o en corne de cerf

Certains se sont peut-être posé la question comment je travaille avec les artisans des Marquises. Je vais vous expliquer en quelques mots un des fonctionnements de mon entreprise, que l’on peut qualifier de pas comme les autres. Un article de journal à Tahiti énonçait que j’ouvre les portes des Marquises sur le web. Certains clients s’imaginent que les objets d’art marquisien qu’ils souhaitent acquérir sont commandés via les processus courants : je demande la fabrication, on m’envoie la photo par email, si le produit plaît au client, il sera acheté. Et bien non, ça ne se passe pas comme cela. Votre produit vient de loin…

D’abord, il faut refaire un peu de géographie. La Polynésie Française est un ensemble de 5 archipels, qui est étendu sur une surface équivalente à l’Europe. Tahiti, l’île principale où se trouve la capitale Papeete, se situe dans l’archipel de la Société. Séduite par la finesse et la richesse de l’artisanat marquisien, j’ai décidé de choisir cet archipel pour faire connaître au monde extérieur la Polynésie. C’était l’occasion de permettre à mes clients d’acquérir de belles pièces authentiques.

J’ai rencontré facilement les artisans sur toutes les îles habitées des Marquises : Ua Pou, Ua Huka, Hiva Oa, Nuku Hiva et Tahuata. Je ne suis pas allée à Fatu Hiva. Les Marquises, ce sont des îles imposantes, rocheuses avec de grandes falaises, des forêts, de jolies plages. Il n’y a quasiment pas de lagon. On y trouve des chevaux sauvages, des chèvres et des cochons. Les arbres croulent sous les fruits, tellement la nature y est abondante. On y parle le marquisien, langue polynésienne proche mais différente du tahitien. Mon île préférée est Ua Pou, c’est là où j’ai noué le plus de contacts avec les artisans, c’est là que je me suis sentie bien. Il faut dire que les îles Marquises sont vraiment imposantes et majestueuses, à l’image de leurs habitants. J’ai trouvé ça un peu effrayant au départ de me retrouver au milieu de nulle part, au milieu de l’océan, sur des îles peu peuplées. Finalement, Tahiti est aussi perdue au milieu de l’océan.

Quand un client veut s’offrir un beau bijou marquisien en os, je contacte un de mes artisans préférés de Tahuata. C’est une île où excelle l’art de graver l’os. Je suis toujours subjuguée par la beauté des pièces réalisées. La plupart des artisans avec qui je travaille n’ont pas internet. D’ailleurs, le téléphone portable ne passe que à certains endroits. Parfois, les lignes fixes ont aussi des petits soucis. Donc, je les contacte par téléphone. A ce moment-là, le plus grand travail est la confiance. Les Marquisiens m’ont accueillie à bras ouverts sur leur île, je leur rends donc de cette façon. En sachant communiquer avec eux, les artisans ont cette façon incroyable de comprendre et visualiser ce que tu veux, juste par téléphone. Ils ont sûrement conservé des capacités que nous avons un peu perdu avec l’usage intensif du virtuel ou d’internet.

Ensuite, une fois le travail réalisé, non ils ne prennent pas le bijou en photo pour l’envoyer avec leur téléphone sur facebook ou par mail. Lorsque tout est prêt, ils prennent le bateau pour partir à Hiva Oa, l’île voisine de Tauata, où se trouve l’aéroport. Puis le bijou peut prendre l’avion en frêt à Hiva Oa, là où se trouve un aéroport. Il faut dire aussi que les Marquises sont situées à 1400 km de Tahiti. Arrivé à Tahiti, votre bijou peut ensuite arriver chez vous, à 10 000 ou 20 000 km d’ici. On peut dire que le bijou de vos rêves vient de loin. Lorsque vous voulez commander un bijou ou une sculpture des Marquises, repensez à cette petite histoire. Sachez que vous aurez toujours entre vos mains un objet authentique et réalisé avec passion.

Koutau Nui ia ‘outou nuna’a no te Enua Enana !

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4 pensées sur “Comment je travaille avec les artisans des Marquises ?”

  1. Pour être allée aux Marquises (Nuku Hiva, Hiva Oa et Tahuata), je sais à quel point l’artisanat marquisien est authentique et que même si certains prix sont exagérés (je parle sur place, alors à l’export je ne sais pas), dans l’ensemble c’est tout de même assez justifié vu le travail que ça représente.
    Et sur Tahuata, on a rencontré un artisan spécialisé dans la gravure sur os, qui justement nous a expliqué qu’on ne pouvait le contacter que par téléphone ! C’est sûrement le même 🙂

    1. Merci Lauriaorana
      C’est vrai que les prix de l’artisanat marquisien sont élevés, mais comme tu dis, il y a effectivement un énorme travail derrière, une vraie maîtrise et une authenticité. Il y a beaucoup d’artisans à Tahuata 🙂

  2. Très bel article qui retranscrit bien l’univers des habitants de l’océanie … et met en avant le travail artisanal d’une belle manière.
    C’est un peu le même poème avec les perles et les Tuamotu !
    Ça donne envie d’aller aux Marquises en tout cas 🙂

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